L’Enregistrement des mariages et des naissances : une meilleure protection des droits des femmes et des enfants.
 

Tel est le titre d’une campagne que la FVS/AMADE Burundi mène depuis mi-Avril avec l’appui de l’Agence américaine pour le développement international (USAID). La campagne va durer jusqu’à mi juillet. Elle a débuté par une enquête dans 10 communes des provinces de Makamba et Gitega pour voir l’ampleur du phénomène des enfants et des ménages qui ne sont pas inscrits dans les registres des services d’état civil. Selon les résultats déjà disponibles, le nombre de ces personnes dépasse de loin les estimations que l’on avait déjà préconisées suite aux tables rondes que FVS/AMADE Burundi avait organisées sur la question l’année dernière.

Dans la seule province de Makamba, les responsables des collines ont pu relever en seulement deux jours, 4.832 ménages irréguliers et 27.573 enfants non enregistrés aux services communaux d’état civil. C’est une situation qui ne devrait laisser personne indifférente à commencer par les responsables administratifs.
Après l’étape de collecte de ces données, le travail qui a suivi a été les 8 et 9 juin 2011, respectivement à Makamba et à Gitega, de mobiliser l’administration et tous les acteurs dynamiques pour trouver une solution à ce problème. La table ronde qui réunissait les différentes personnalités parmi les décideurs des deux provinces, a permis de dégager les engagements des uns et des autres.

La campagne a été jugée par tout le monde d’opportune. En effet, des milliers d’enfants se trouvent ainsi victimes de cette situation ; ils ne sont pas bénéficiaires des mesures gouvernementales de gratuité des soins de santé et de scolarité primaire. Le droit des femmes en union irrégulière est souvent bafoué et toutes les bonnes volontés ont de réels problèmes pour organiser la défense de ces femmes.

Dans la communauté, un enfant non enregistré risque de perdre le droit d’héritage une fois que ses parents ne sont plus en vie. La FVS/AMADE Burundi se trouve confrontée à ce problème depuis les 20 ans de défense des droits des orphelins et autres enfants vulnérables. Depuis tant d’années en effet, la FVS/AMADE Burundi se bat dans quatre provinces, à savoir Bururi, Makamba, Gitega et Bujumbura Mairie pour que les orphelins et autres enfants vulnérables recouvrent leurs droits. Les spoliateurs sont à l’affût des cas de non enregistrement des enfants pour détourner les héritages dus à ces enfants. Les radios ne se lassent pas de rapporter des cas pareils.

Un mariage non enregistré n’en est pas un selon la loi burundaise. C’est pourquoi les femmes sous ce régime devraient réaliser combien elles sont fragiles. Beaucoup d’hommes refusent de faire enregistrer leurs mariages, certes par ignorance, mais beaucoup d’entre eux veulent qu’au moment où ils rencontrent une plus jeune et plus belle, ils puissent se débarrasser de la première en toute impunité. Malheureusement tous les enfants sont soit renvoyés avec leurs mères, soit ils restent et seront maltraités par la nouvelle femme de leur père. C’est un drame qui se vit au quotidien dans plusieurs ménages de notre pays.

Il y a plusieurs raisons qui ont poussé beaucoup de burundais à échapper à cette obligation civique. La plupart des personnes identifiées en provinces de Makamba et Gitega avancent les raisons suivantes : la pauvreté, l’ignorance, la situation de guerre, la situation de réfugié et de rapatrié, les phénomènes de concubinages et de polygamie, la non reconnaissance des enfants par leurs pères, etc..

A coté de ces raisons les unes plus fondées que les autres, force est de constater que la population de ces provinces est très peu sensible à l’impérieuse nécessité de vivre en union régulière et de faire enregistrer les enfants au service d’état civil.

Une femme irrégulièrement mariée est renvoyée du foyer avec ses deux enfants. Ici elle est aussi rejetée par sa mère.
(Fiction « NINDE » de la Radio Télévision Nationale du Burundi sur demande de la FVS/AMADE Burundi et sur financement de l’Agence américaine pour le développement internationale :USAID)

Ils tombent des nus quand des problèmes surgissent dans leurs familles.
C’est pourquoi la FVS/AMADE Burundi avec l’appui de USAID à travers le projet « Burundi Policy Reform » voudrait par cette campagne mettre tous les acteurs devant leur responsabilité.
A l’administration, il est demandé de sensibiliser la population sur le bien fondé d’être en conformité avec la loi. Au besoin, des mesures de clémence peuvent être prises pour les personnes qui acceptent de régulariser leurs cas.
Au gouvernement, un souhait est exprimé par l’administration local pour qu’il disponibilise les registres qui sont devenus rares et trop chers pour les
communes. A la population en général, et aux femmes en particulier, il est demandé de prévenir les multiples conflits auxquels les ménages irréguliers font face. La conformité à la loi en matière de mariage et de naissance ne tarde pas à leur montrer qu’il y a des droits que chacun recouvre automatiquement.

Gaspard KARERWA
Chargé de communication
FVS/AMADE Burundi

 
 
 
 
 
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